• - Le patriotisme et la compassion sont-ils les meilleures réponses au terrorisme ?

     

     

    Suite aux événements dramatiques qui ont eu lieu à Paris le 13 novembre, on a vu se développer dans les médias et sur les réseaux sociaux une indignation (presque) unanime plus que justifiée mais aussi l'expression d'une grande compassion pour les victimes et leurs proches et un sursaut de solidarité nationale.

     

    Je m'associe bien sûr pleinement à l'indignation générale devant ces actes barbares comme je le fais lorsqu'ils ont lieu à l'extérieur de la France ou même de l'Europe mais j'avoue être embarrassé pour ne pas dire irrité devant les excès de compassion ou de nationalisme que ces événements ont générés.

     

    Il me semble en effet plus que légitime que les proches des victimes vivent leur deuil dans la douleur et que celles et ceux qui ont été témoins de l'horreur en soient traumatisés et certainement pour longtemps. A l'inverse, je trouve excessives les démonstrations de douleur et d’extrême compassion exprimées par des personnes qui n'ont vécu ces événements que par l'intermédiaire des médias ou du bouche à oreilles. Tous ceux qui, comme moi, avaient un proche résidant à Paris ou de passage dans la capitale ont été plusieurs heures inquiets pour leur sécurité et tranquillisés lorsqu'ils ont appris qu'elles ou ils étaient hors de danger. Mais une fois passée cette période logique d'inquiétude, il me semble qu'il est normal que notre émotion retombe et que notre compassion reprenne une dimension raisonnable. Pourquoi serions-nous plus impactés personnellement et humainement par un acte terroriste commis à Paris ou en France que lorsque des libanais innocents ou des chrétiens assyriens de Syrie sont massacrés par les mêmes criminels barbares ?

     

    Enfin, j'avoue que, contrairement à de nombreux amis et membres de ma famille j'ai délibérément évité de colorier ma photo de profil Facebook en bleu/blanc/rouge. Ce n'est pas que, comme je l'ai écrit dans un précédent billet http://pierrebonvarlet.eklablog.com/de-la-fierte-ou-du-bonheur-d-etre-francais-a114896518, je ne sois pas heureux d'être Français et que je n'apprécie pas la solidarité nationale qui se développe aujourd'hui comme elle l'avait fait en janvier dernier mais je ne crois pas que le nationalisme soit une bonne réponse au terrorisme. D'une part, contrairement à notre président, je ne pense pas que nous soyons en guerre. Le 13 novembre, c'est à mon avis plus le monde civilisé que la France qui a été visé par ce que, à tort, on continue à appeler « état islamiste » et qui n'est en fait qu'une organisation large et structurée de barbares criminels se référant par facilité à une religion pour commettre leurs méfaits. C'est donc en citoyen de la société civilisée internationale que je me sens visé et non pas en tant que Français. En outre, je me méfie toujours des manifestations nationalistes ou régionalistes qui, certes, ont pour bénéfice de resserrer les liens entre leur membres mais aussi d'exclure, voire de mépriser celles et ceux qui leur sont étrangers.

     

    Laissons donc les proches des victimes veiller leurs morts et soigner leurs blessés, continuons de nous informer, vivons le plus normalement possible et, tout en gardant notre esprit critique et notre liberté d'expression, laissons nos responsables, au niveau international, agir pour éradiquer autant qu'il est possible cette peste noire qui risque malheureusement de gâcher encore longtemps notre vie.

     


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  • Commentaires

    1
    H Buret
    Jeudi 19 Novembre 2015 à 16:43

    Je suis d'accord avec

     

    2
    H Buret
    Vendredi 20 Novembre 2015 à 14:45

    je suis d'accord avec vous.

     



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