• Souffrons-nous par procuration ?

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    Chaque jour, les médias nous abreuvent de catastrophes en tout genre. Il s’agit parfois de faits de société importants comme l’embrasement actuel de l’Afrique du Nord mais aussi de faits divers qui aiguisent notre curiosité parfois malsaine et, plus étonnant, qui déclenchent chez certains d’entre nous une compassion sans borne.

    Qu’il s’agisse de la mort de deux otages en Afrique ou de celle d’une pauvre jeune fille victime d’un sadique on ne peut bien sûr que regretter de tels drames et plaindre les proches de ces victimes. Mais que penser des personnes tout à fait étrangères à ces dernières qui se lamentent ou pleurent sur les ondes de nos radios ou devant les caméras des télévisons comme si il s’agissait de leur propre fils ou de leur sœur ?

    La mode est à la compassion généralisée et il est aujourd’hui socialement très incorrect d’avouer que toutes les souffrances d’autrui ne nous atteignent pas avec la même vigueur suivant qu’ils concernent nous, nos proches ou des personnes qui nous sont complètement étrangères.

    Je me demande si cette « douleur par procuration » n’est pas la caractéristique d’une société favorisée et confortable au sein de laquelle la plupart des individus ne sont pas atteints par le malheur, du moins dans leur quotidien. L’être humain n’a-t-il pas besoin, pour vivre, d’éprouver la fragilité de son existence par le risque et la souffrance ?

    Je m’étonne de surcroit de l’étonnante hiérarchisation du malheur que nous induit le battage médiatique. Le décès de deux otages, certes innocents est-il plus digne de compassion que celui d’une famille d’automobilistes massacrée par un chauffard ? Les sévices subis par un enfant sont-ils vraiment plus graves que le viol d’une jeune femme ou la torture dont est victime un vieillard à son domicile pour  lui dérober ses maigres économies ?

    C’est vrai, les événements sont beaucoup plus graves lorsqu’ils passent aux actualités télévisées, ou du moins est-ce ce qu’on veut nous faire croire. C’est la force, le pouvoir de l’image !

    Et je vous rassure, il m’arrive aussi d’avoir envie de pleurer au cinéma !


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